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L’empire invisible du Ku Klux Klan (K.K.K.)

 
  A.V.L.  
 

A la fin de la guerre de Sécession naît le Ku Klux Klan. Par dépit et par ennui, six anciens soldats confédérés décident d'empêcher les Noirs de prospérer dans la société américaine. Prônant la suprématie blanche, ce groupe va peu à peu semer la terreur parmi la population noire. Le mouvement va disparaître et renaître de nombreuses fois. Toujours présent aujourd'hui, le nombre de ses membres est devenu presque négligeable.

 
 

Naissance du K.K.K

Cette société secrète est fondée, à Pulaski (Tennessee), le jour de Noël 1865, par six anciens soldats confédérés (Jones, McCord, Reed, Kennedy, Lester et Crowe), issus de familles aisées. Pour le nom de leur groupe, ces anciens frères d'armes décident d'utiliser le mot grec kuklos (cercle), scindé en deux (ku klux) et de lui adjoindre le mot klan (clan), en hommage à l'origine écossaise des fondateurs [1]. En pleine reconstruction, à la fin de la Guerre de Sécession, le but de l'organisation est de lutter contre les Noirs et leur ascension dans la société américaine. Le XIIIe amendement de la Constitution des Etats-Unis (1865) vient en effet d'offrir au Noirs de nouveaux droits, en proclamant l'abolition de l'esclavage. Idée tout à fait inacceptable pour ces soldats vaincus de la guerre civile, s'étant battus pour conserver le Sud confédéré. Créée pour des besoins récréatifs, l'organisation se structure pourtant petit à petit, de manière hiérarchique. Désespérés et nostalgiques, les membres du K.K.K. sont prêts à tout pour rétablir la suprématie blanche.

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Le mouvement suprématiste blanc prend de l'ampleur

En 1867, le général Nathan B. Forrest, ancien planteur et propriétaire d'esclaves, prend la tête du mouvement en tant que « grand sorcier ». Tous les membres du Klan sont en effet habillés de longues robes blanches et de cagoules. Idée alors extrêmement amusante aux yeux de ses créateurs : ils se font passer pour les fantômes des soldats confédérés morts aux combats, en jouant sur les croyances surnaturelles des Noirs. Le but est aussi de faire peur à toute personne étrangère à l'organisation. Même si, à ses débuts, le Ku Klux Klan n'est pas à proprement parler une organisation politique, le groupe va se développer très rapidement. Dès 1867, son chef dote le mouvement d'une véritable structure militaire. Le K.K.K va alors terroriser une partie du Sud des Etats-Unis, principalement en s'attaquant, de nuit, aux Noirs américains.

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La montée de la violence

En 1869, la société du K.K.K. décide de se dissoudre. En tombant tout à fait dans la clandestinité, cette « empire invisible » peut commettre des actes criminels à souhait et devient donc encore plus violent. Branche armée du Parti Démocrate, l'organisation va également tenter d'empêcher les Noirs de voter Républicains (alors alliés des Nordistes). Basé sur le secret et l'anonymat de ses membres, le groupe peut agir à loisir et en toute impunité. Au fur et à mesure que l'organisation s'agrandit et que le nombre de ses affiliés augmente dans diverses régions du pays, les actions à l'encontre des Noirs vont devenir de plus en plus violentes. Des croix en feu sont plantées devant les maisons possédées par des Noirs, le K.K.K. commet de nombreux lynchages [2]: les Noirs sont battus, tués, pendus aux arbres. Les Blancs qui osent affirmer leur soutien aux Noirs, sont aussi victimes du K.K.K, notamment les instituteurs venus du Nord et qui osent instruire les Noirs du Sud.

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Renaissance du K.K.K

Face à ces violences, le Congrès des Etats-Unis vote finalement différentes lois (Force Acts de 1870 à 1871) visant à interdire le Klan. De nombreux membres sont arrêtés, mais rapidement relâchés faute de preuves suffisantes. Cela marque la disparition officielle du Klan. Les anciens membres rejoignent différentes organisations d'extrême droite, telles que la White League, Shot Gun Plan, Riffle Club [3]. Pourtant, le K.K.K renaît au début du 20e siècle. En 1906, paraît The Clansman de Thomas Dixon. Pour l'écrivain, les Noirs sont les seuls responsables de la Guerre de Sécession. Adapté au cinéma en 1915 par le réalisateur David Wark Griffith, « The Birth of a Nation » glorifie le Sud et prend position en faveur du K.K.K. Le film est même soutenu par le Président des Etats-Unis de l'époque, Woodrow Wilson. William J. Simmons décide, après la vision du film « The Birth of a Nation », de remettre le Ku Klux Klan sur les rails et d'officialiser son existence. Ce second Klan prône l'antisémitisme et la xénophobie et tout comme son prédécesseur, n'hésite pas à passer à l'acte. Cependant, ce dernier disparaît avec l'arrivée de la Seconde Guerre Mondiale. Il renaîtra dans les années 1970, mais avec un nombre de membres de plus en plus restreint et il s'associera ensuite à différents mouvements d'extrême droite américains. Le mouvement est toujours vivant à l'heure actuelle, mais le nombre de ses affiliés est extrêmement réduit.

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[1] Le ku klux klan : un contre-pouvoir criminel par Paul-Eric Blanrue, http://www.historia.presse.fr/data/thematique/94/09407401.html

[2] Une personne tuée en toute illégalité par un groupe de trois individus et plus qui perpétue son action au nom de la justice, de la défense de la race, ou par tradition (définition du Tuskegee Institute d'Alabama, rapportés par le Montgomery Advertiser du 7 juin 1959, dans Ralph Ginzburg, 100 years of Lynchings, Black Press, Baltimore, 1988, dans Combesque, Marie Agnès, 2004, Martin Luther King Jr. : un homme et son rêve, Paris, Le Félin, Kiron, p. 61)

[3] Le ku klux klan : un contre-pouvoir criminel par Paul-Eric Blanrue, http://www.historia.presse.fr/data/thematique/94/09407401.html
 
     
     
"Dommages et intérêts pour la famille d'une victime du KKK"
Le Monde - AFP/Reuter
16 et 27 février 1987
 
     
 
     
"Le Ku Klux Klan en procès"
Courrier International
11 janvier 2005
 
   
   
   
   
     

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