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La Guerre d'Indépendance
et les premières révoltes noires

 
  A.V.L.  
  La guerre d'Indépendance américaine aurait pu apporter aux Noirs américains les libertés qu'ils espéraient depuis des décennies. Pourtant, alors que les colons prétendent se battre pour la démocratie, ils ne tiennent aucunement compte de la situation des esclaves noirs. La Constitution américaine, créée par des Blancs, ne leur offre pas plus de garanties. Même si le Nord est épargné par l'esclavage, ce trafic connaît son apogée dans le Sud des Etats-Unis, au début du 19e siècle. Les premières grandes révoltes d'esclaves éclatent et l'activisme se développe peu à peu.  
 

La Guerre d'Indépendance

A partir de l'Indépendance (aux environs de 1776), la situation des Noirs s'améliore très légèrement. Lors de la Révolution américaine, alors que Georges Washington interdit le recrutement des esclaves dans l'armée, un gouverneur britannique de Virginie, lord Dunmore, décide, dès 1775 d'accorder la liberté à tout esclave ou domestique qui accepterait de se battre pour la couronne britannique, contre la rébellion coloniale. Georges Washington se rend alors compte de son erreur et, accompagné du Congrès, appelle les Noirs à se battre à ses côtés, pour la liberté. 5.000 d'entre eux acceptent cette proposition [1], pour préserver une liberté dont ils ne jouissent pourtant toujours pas. Mais la grande majorité des esclaves, souvent en fuite, préfère la couronne britannique. Et malheureusement, alors que les colons blancs revendiquent la démocratie et les libertés civiques, la question de l'esclavage ne semble pas les intéresser plus que ça.

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La constitution du peuple blanc

Sur les cinquante-cinq riches délégués blancs participant à la convention constitutionnelle de 1787, vingt-cinq possèdent des esclaves ; tout comme Georges Washington, chef des délibérations. La nouvelle Constitution des Etats-Unis d'Amérique apporte donc peu de changements positifs pour la population noire, puisque le but des concepteurs de ce texte est avant tout de protéger les intérêts de leur classe. Et même si cette Constitution a, au départ, pour idée de créer une démocratie représentative où chaque citoyen américain pourrait enfin vivre librement, ici encore la notion même de citoyen est extrêmement restreinte. Ne sont en effet pas admis dans cette catégorie : les Noirs américains, les Indiens d'Amérique, les domestiques, les femmes ou encore les Blancs de catégorie sociale inférieure, … En ce qui concerne l'esclavage, la Constitution stipule uniquement qu'elle interdira la traite d'esclaves dans un délai de vingt ans. Si l'esclavage disparaît finalement entre 1787 et 1801 dans les Etats du Nord (au-dessus du Maryland) c'est essentiellement parce que l'importation d'esclaves est alors interdite dans les nouveaux territoires et que les plantations y sont quasiment inexistantes.

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Le Sud esclavagiste et les premières révoltes noires

Le Sud des Etats-Unis préfère au contraire conserver ce commerce lucratif, d'autant que les besoins en coton de l'Europe industrielle stimulent le marché et que les plantations s'étendent vers l'Ouest (Alabam, Arkensas, Texas, …). Le besoin de main-d'œuvre se fait alors à nouveau sentir et connaît une augmentation sans précédent (quatre millions d'esclaves en 1860) [2]. L'idéologie esclavagiste se durcit par la même occasion. Des états comme la Virginie ou les Carolines se lancent d'ailleurs dans « l'élevage d'esclaves » pour ne pas devoir en importer d'Afrique. C'est dans ce climat que les premières grandes révoltes noires de ce début de 19e siècle voient le jour : - celle de Gabriel Prosser en 1800, à laquelle plus de mille esclaves participent, - celle de Nat Turner en 1831, en Virginie du Sud, durant laquelle environ 60 Blancs sont tués. Suite à cette dernière révolte, les Blancs décident de se venger et tuent une centaine d'esclaves, innocents pour la plupart. Leurs têtes sont exposées sur la voie publique comme avertissement.

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Des noirs semi libres

Au début des années 1800, de nombreux Noirs vivent dans les territoires situés au Nord du Maryland. Même s'ils sont libres à proprement parler, ils sont dépourvus de leurs droits fondamentaux de citoyens américains. Ils vivent souvent en marge de la société et n'ont aucun contact avec la société blanche. Dès 1830, certains états du Nord et du Sud interdisent l'entrée des esclaves affranchis sur leurs territoires. L'activisme noir débute à cette période. De nombreuses communautés de Noirs libres se développent petit à petit. Différents réseaux apparaissent pour venir en aide à la communauté : des écoles, des foyers, des entreprises. L'Eglise joue également un rôle prédominant. Différents journaux sont lancés, comme le North Star de Frederik Douglas ou encore le Freedom's Journal. Pourtant, en 1861, sur les quatre millions de Noirs qui peuplent le Sud des Etats-Unis, seuls 250.000 détiennent le statut d'affranchis [4].

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[1] 2004, Freedom, Une histoire photographique de la lutte des Noirs américains, Paris, Phaidon, p. 13

[2 ]http://fr.encarta.msn.com/encyclopedia_761561183/Noirs_am%C3%A9ricains.html#s59

[3] Combesque, Marie Agnès, 2004, Martin Luther King Jr. : un homme et son rêve, Paris, Le Félin, Kiron, p. 40

 
     
     
   
 
     
     
     

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