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George W. Bush (2001-      )

 
 

Pendant sa campagne électorale, George Bush est soupçonné à plusieurs reprises de soutenir la politique raciste du Sud profond, notamment lorsqu'il visite une université de Caroline du Sud, qui refuse toujours l'accès aux étudiants noirs. Alors que pendant sa campagne Bush Jr affirme être soutenu par la communauté noire, les votes démontrent le contraire. Le candidat républicain n'obtient que 8% des voix afro-américaines, alors que par exemple dans l'Etat de Floride, 93% des votants noirs choisissent Al Gore, le candidat démocrate [1]. Mais malheureusement, une partie importante de la population noire ne peut s'inscrire sur les listes électorales de 2000 et des milliers de Noirs sont tout simplement effacés des listes électorales en 1999, notamment à cause du système interdisant le vote à toute personne possédant un casier judiciaire. Après l'annonce de la victoire du candidat républicain, d'autres irrégularités sont dénoncées par les associations de défense des droits civiques, notamment au niveau de la sélection des électeurs. En effet, l'élection du Président Bush en 2001 se déroule dans des conditions plus que douteuses. Le système de vote défectueux de l'Etat de Floride, ainsi que la majorité conservatrice de la Cour Suprême (qui décide finalement de la validité de cette élection) ont en effet permis à Bush Jr de devenir le 43e Président des Etats-Unis ; et ce malgré la victoire d'Al Gore en nombre de voix. Le Sud s'est d'ailleurs majoritairement tourné vers cet ancien Gouverneur conservateur du Texas qui a approuvé le plus grand nombre d'exécutions capitales aux Etats-Unis.

A la suite de la victoire de Bush Jr en 2001, les Afro-américains ont l'impression d'avoir été littéralement roulés par les autorités. L'arrivée d'un énième candidat républicain et sudiste à la Présidence des Etats-Unis ne peut être que négative pour la situation alors déjà extrêmement difficile d'une majorité de la population afro-américaine. Les nominations de Colin Powell, (Secrétaire d'Etat certes modéré), et ensuite de Condoleeza Rice (alors la seule femme noire dans toute l'Administration), à des postes clés de l'administration Bush, ne réussissent malheureusement pas à justifier, aux yeux des Noirs américains, les politiques sociales et d'intégration désastreuses de George Bush vis-à-vis des minorités. De plus, le Président s'oppose au principe de discrimination positive et de quotas supposé aider les minorités et les déshérités. Et encore un fois, les Afro-américains, et plus particulièrement les femmes, sont montrés du doigt comme étant les grands profiteurs de ces programmes. Or, la politique néo-libérale du Président Bush est loin d'avantager les couches pauvres de la population américaine.

Nancy Pelosi, membre démocrate du Congrès américain, critique d'ailleurs la politique économique de George Bush, affirmant qu'elle « favorise uniquement les riches et ne bénéficiera par aux minorités et aux familles de travailleurs  pauvres » [2]. En effet, alors que l'Etat continue de s'endetter, les différentes politiques budgétaires proposées par le Président accroissent de plus en plus le fossé entre les riches et les pauvres. La réélection du Président Bush pour un second mandat en 2004 ne fait que confirmer la situation, alors de plus en plus dramatique, de la population noire américaine. Un nombre croissant d'Américains décide de se mobiliser pour dénoncer l'incapacité du Président républicain à gérer les affaires de son propre pays. Mais c'est la catastrophe de Katrina, en août 2005, qui révèle finalement à la face du monde l'énorme fracture sociale et raciale qui divise encore les Etats-Unis et qui frappe de plein fouet ces oubliés de l'Amérique et de son Président.



[1] Riches, William Terence Martin, 2003, The civil rights movement: struggle and resistance, 2nd ed., New York , Palgrave Macmillan, p.207

[2] Idem, p.219



 
     
     
   
 
   
   
     

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