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Harry S. Truman (1945-1953)

 
 

C'est Harry S. Truman, ancien Vice-président de Roosevelt, qui prend les rênes du pouvoir, en 1945. Sa première action est de nommer James Byrnes, comme conseiller ; un homme pourtant connu comme étant un ségrégationniste du Sud. Dès le départ, les Noirs se font donc peu d'illusions. Car si à la fin de la guerre, ils étaient les premiers à espérer une amélioration de leurs conditions (le contexte mondial ayant évolué suite à la guerre contre le nazisme), ils déchantent assez rapidement. Cependant, au vu du contexte mondial, il devient de plus en plus difficile pour les Etats-Unis de légitimer leur politique ségrégationniste sur la scène internationale. Malgré cela, les lynchages, dont les victimes incluent des vétérans de la Seconde Guerre Mondiale, n'ont jamais été aussi nombreux. Le Président Truman est d'ailleurs choqué par le sort réservé aux anciens vétérans. Mais, lorsque 3000 délégués noirs et blancs se présentent à lui pour qu'il mette en place une loi anti-lynchage, le Président estime qu'il est encore trop tôt pour agir sur cette question [1]. C'est donc sous la pression, que le Président Truman, qui porte alors peu d'intérêt au sort des Noirs, met en place, en 1946, une Commission présidentielle pour les droits civiques et bannit la ségrégation dans les forces armées dès 1948. L'année électorale de 1948 est d'ailleurs dominée par la question raciale.

Pour sa délicate réélection, Truman ne peut faire l'impasse sur le vote noir. Mais contrairement à ce que pensait la communauté afro-américaine, la position de Truman sur les droits civiques des Noirs se révèle être plus libérale que prévue, ce qui ne plaît pas spécialement à l'aile sudiste du parti démocrate qui préfère quitter ce dernier. C'est en se plaçant au centre de l'échiquier politique qu'Harry S. Truman parvient à remporter son 2e mandat, avec près des deux tiers des votes noirs. Comme Roosevelt avant lui, il nomme alors des Afro-américains dans son administration. Il désigne aussi un juge noir, William H. Hastie, à la Cour fédérale américaine. C'est donc à cette période que les Noirs commencent peu à peu à intégrer des secteurs, comme le sport ou les médias, jusqu'alors strictement réservés aux Blancs. En 1949, naît la première radio détenue par des Afro-américains. La musique noire fait également son apparition sur la scène internationale. Le jazz devient rapidement partie intégrante de la culture américaine. L'économie américaine commence également à s'ouvrir peu à peu aux Afro-américains, qui se voient offrir de nouvelles possibilités.



[1] Riches, William Terence Martin, 2003, The civil rights movement: struggle and resistance , 2nd ed., New York , Palgrave Macmillan, p. 32

 
     
     
     
     
     
     
     

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