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Ronald Reagan (1981-1989)

 
 

Ronald Reagan, ardent supporter de Joseph McCarthy lors de la chasse aux sorcières communiste des années 1950, suit le Mouvement conservateur embrayé par l'arrivée au pouvoir de gens tels que Nixon. Pendant sa campagne électorale de 1976, il remet à jour le vieux stéréotype selon lequel les femmes noires profitent du système de sécurité sociale payé par les travailleurs blancs. Il se déclare également opposé au Civil Rights Act de 1964 et au Voting Rights Act de 1965. Or, chose assez surprenante, lors de sa campagne électorale de 1980 contre Jimmy Carter, Ronald Reagan reçoit le soutien de certaines personnalités noires du Mouvement pour les droits civiques telles qu'Abernathy, l'ancien allié de Martin Luther King. Mais malgré cela, Ronald Reagan « reçut un pourcentage de vote noir plus faible qu'aucun autre candidat républicain dans l'histoire » [1].

Dès son arrivée à la Maison-Blanche en 1981, le Président Reagan renforce le conservatisme de la Cour Suprême, en nommant William Rehnquist, qui s'était opposé à l'arrêt Brown dans les années 1950, ainsi que le juge Antonin Scalia. Le but avoué de Reagan est surtout de diminuer le rôle de l'Etat dans la vie des citoyens. Sa politique consiste alors essentiellement à tenter de redresser l'économie américaine. Sa première action est d'ailleurs de diminuer les taxes payées par les Américains. Le système d'Etat Providence est également mis à mal. Comme pour toute politique libérale, cela ne peut se faire qu'au détriment des pauvres et des minorités. L'Administration Reagan supprime le Comprehensive Employment and Training Act Program (un système de formation professionnelle), diminue les fonds alloués au programme d'aide alimentaire aux enfants et les dépenses des services sociaux. Ronald Reagan s'arrange aussi pour diminuer le pouvoir d'action de la Commission pour les droits civiques - créée quelques années auparavant par le Président Truman - en la transformant en un organe conservateur. Après un an sous la Présidence de Reagan, le revenu moyen réel des familles noires a diminué de 5,2 % et 2 millions de Noirs supplémentaires vivent sous le seuil de pauvreté [2].

La droite conservatrice, qui soutient alors totalement le Président Reagan, espère que ce dernier ne fera pas la même erreur que Nixon ou Ford en renouvelant le Voting Rights Act de 1965. Les Conservateurs sudistes craignent en fait de perdre leur pouvoir dans le Sud. Les Noirs, qui constituent une part importante de la population du Sud des Etats-Unis, continuent en effet à voter massivement pour le Parti démocrate. Nixon décide donc de s'opposer à ce renouvellement, pour assurer la puissance de son Parti. Il pose également son veto au Civil Rights Restoration Act (visant à obliger les organisations à se soumettre aux lois sur les droits civiques, si elles veulent bénéficier de l'aide fédérale) de 1988. Car selon lui, le Civil Rights Restoration Act interfère avec la liberté individuelle des citoyens. Lorsque Reagan quitte la Maison-Blanche, en 1989, il a réussi à détruire ce que le Mouvement noir pour les droits civiques américain a mis des décennies à construire. La droite conservatrice est plus que jamais ancrée dans le Sud des Etats-Unis et il reste à nouveau peu d'espoir pour les pauvres et les minorités aux Etats-Unis.




[1] Shull, 1993 dans Riches, William Terence Martin, 2003, The civil rights movement: struggle and resistance, 2nd ed., New York, Palgrave Macmillan, p.120

[2] 2004, Freedom, Une histoire photographique de la lutte des Noirs américains, Paris, Phaidon, p.453



 
     
     
     
     
     
     
     

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