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Lyndon B. Johnson (1963-1969)

 
 

Lorsque le Vice-président démocrate, Lyndon B. Johnson, succède à John Kennedy à la Présidence des Etats-Unis, il pousse le Congrès à voter le projet de loi de John F. Kennedy sur les droits civiques (Civil Rights Act), comme hommage au défunt Président. Le 2 juillet 1964, Johnson signe ce projet de loi qui devient alors effectif. Au-delà de l'interdiction de la ségrégation dans les logements publics, cette loi propose de retirer l'argent fédéral aux agences et organisations locales et d'Etat qui font preuve de discrimination, de bannir la discrimination dans le travail et les unions ouvrières, d'établir une Commission pour l'égalité des chances et de donner une aide financière aux écoles qui font des efforts pour abolir la ségrégation dans l'enseignement [1]. L'été de 1964 est marqué par le Mississippi Freedom Summer dont le but est d'enregistrer les votes noirs dans le Sud profond, où la population noire est importante mais où la résistance blanche reste extrêmement forte.

Lors des élections présidentielles de 1964, 95 % des votes noirs [2] vont au Président Johnson, alors opposé au Républicain Barry Goldwater. Les perspectives d'avancement pour les Afro-américains restent encore fort limitées. Car même si la ségrégation est officiellement interdite, la résistance des Blancs du Sud est toujours présente. Peu de Noirs osent d'ailleurs aller voter dans le Sud profond, de peur d'être victimes de représailles. Alors que 60 à 70 % des électeurs noirs sont enregistré dans le Nord, ce chiffre passe à près de 30 % dans le Sud [3]. En 1965, le Président Johnson demande au Congrès de voter le Voting Rights Act. La nouvelle Marche sur Washington, organisée en avril 1968 pour mettre en évidence les problèmes économiques que connaissent encore les Afro-américains, est donc perçue comme un véritable affront pour le Président Johnson. En 1964, ce dernier avait en effet mis en place un second New Deal (sa « Great Society ») pour améliorer la qualité de vie des Américains, mettre un terme à la pauvreté et permettre aux Noirs d'accéder à de meilleures opportunités sociales. Car même si le Président Johnson est conscient du travail énorme à effectuer sur ce terrain, il semble réellement concerné par la problématique de la pauvreté qui touche tout particulièrement les minorités raciales.

Mais cela n'empêche pas le Président de profiter de ce moment pour lancer des bombardements sur le Vietnam. Johnson, qui jusque-là avait reçu le soutien des mouvements pour les droits civiques américains, est la cible de critiques acerbes de la part de personnalités influentes de la gauche telles que Martin Luther King. Cependant, malgré les problèmes provoqués par la Guerre du Vietnam et l'opposition grandissante de la population américaine, Johnson tient ses promesses sur le terrain de la lutte contre la discrimination et pour les droits civiques. Il nomme d'ailleurs un Afro-américain, Thurgood Marshall, à la Cour Suprême. Une grande première dans l'histoire américaine. Il se retrouve alors coincé entre deux feux : la gauche d'un côté, qui ne comprend pas son intervention au Vietnam et la droite de l'autre, qui a du mal à accepter l'implication de Johnson pour les droits civiques. Cependant, l'annonce de l'assassinat du pasteur noir, Martin Luther King, le 4 avril 1968, va marquer les mémoires de toute l'Amérique, qui vient de perdre l'un de ses plus grands hommes. Deux jours après le meurtre, Lyndon Johnson donne la date du 6 avril comme jour de deuil national. Malgré les craintes de départ de la communauté noire, le Président Johnson a donc réussi à encourager la lutte des Noirs américains pour les droits civiques. Mais l'arrivée de son successeur, Richard Nixon, laisse augurer le pire pour tous les déshérités de la société américaine.

 

[1] Horton , James Oliver, 2001, Hard road to freedom: the story of African America , New Brunswick , N.J. , Rutgers University Press, p.298

[2] Idem, p.302

3] Idem



 
     
     
   
 
     
     
     

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