Home
 
 
 
 
   
 

John Fitzgerald Kennedy (1961-1963)

 
 

En plein milieu des élections présidentielles de 1960, Martin Luther King est arrêté alors qu'il participe à une manifestation avec 75 étudiants devant le magasin Magnolia Room of Rich, à Atlanta. Richard Nixon, alors Vice-président, refuse d'intervenir, de peur que cela ne fasse fuir les conservateurs blancs de son Parti républicain. La femme de King, Coretta contacte l'un de ses amis, Harris Wofford (qui travaille alors sur la campagne électorale de John F. Kennedy), pour que ce dernier tente de convaincre les Kennedy d'aider le pasteur noir à sortir de prison. Le candidat à la Présidence, John Kennedy, appelle alors la femme de Martin Luther King pour lui faire part de son soutien et son frère, le sénateur Robert Kennedy, parvient à faire libérer King le jour suivant. Un petit geste, dont on peut discuter l'innocence, mais qui permet au futur Président des Etats-Unis de recevoir le soutien d'une grande majorité de la communauté noire.

En 1960, plus de 70 % des Afro-américains [6] votent pour John Kennedy, alors opposé à Richard Nixon., même si la plupart d'entre eux ont surtout vu dans l'engagement des Kennedy pour les droits civiques des Noirs un moyen comme de se faire élire. Pourtant, même si la nomination de son frère Robert comme Ministre de la justice ne plaît pas à tout le monde, la nomination d'Harris Wofford comme assistant de ce dernier redonne espoir à la communauté noire. Wofford conseille d'ailleurs à John Kennedy d'utiliser des décrets plutôt que de compter sur le Congrès, alors conservateur, pour faire avancer le Mouvement des droits civiques américain. La Commission présidentielle pour les droits civiques , mise en place par Truman, est également prolongée grâce au Civil Rights Act de 1960 et le nouveau Président continue à donner des postes importants de son administration aux Afro-américains. Cependant, les Kennedy semblent agir extrêmement lentement, ce qui frustre bien des militants du Mouvement qui doutent encore des véritables intentions des Kennedy .

Démarre alors le Mouvement des marches pour la liberté (Freedom rides), les nombreux boycotts et manifestations dans les lieux publics pour mettre fin à la ségrégation, alors encore bien implantée dans la société américaine. Le but de ces marcheurs est également de voir à quel point les Kennedy sont prêts à soutenir la lutte pour les droits civiques. Alors que les manifestants subissent différentes attaques, notamment à Birmingham (Alabama) et à Montgomery, les Kennedy tentent de les protéger, en envoyant des troupes et en faisant pression sur les différents Gouverneurs concernés . En juin 1963, les soldats de la garde nationale sont envoyés pour protéger deux étudiants noirs qui tentent d'entrer à l'université de l'Alabama, contre l'avis du Gouverneur Wallace . Ce même été est organisée la grande Marche sur Washington, pour réclamer au Président plus de justice pour les Noirs. Ces derniers se battent alors toujours pour pouvoir simplement enregistrer les votants sur les listes électorales.

Quelques jours seulement après cette marche pacifique, quatre jeunes noires sont tuées par une bombe à l'église baptiste de Sixteenth Street, à Birmingham. Le Président s'adresse alors à la Nation pour expliquer que « la ségrégation n'est moralement pas acceptable » [7] et demande au Congrès d'agir contre ce problème racial. Medgar Evers, le directeur de la N.A.A.C.P. (The National Association for the Advancement of Colored People) est assassiné le lendemain. John Kennedy envoie un projet de loi au Congrès pour interdire la discrimination dans les logements publics et autorisant le Ministre de la justice américain à appliquer les 14e et 15e amendements de la Constitution. Jusque-là, John Kennedy avait toujours refusé d'agir pour les droits civiques, estimant qu'une loi sur la question ne serait de toute manière pas votée par le Congrès. C'est donc notamment grâce à l'action des militants des mouvements noirs et à cause de la peur des Kennedy de voir naître une véritable guerre des races que des lois firent finalement leur chemin jusqu'au Congrès. Même Robert Kennedy, qui était  jusque-là resté indifférent, commence alors à comprendre les revendications des Afro-américains et leur nature profonde .
Malheureusement, John F. Kennedy, 35e Président des Etats-Unis, est assassiné peu après à Dallas (Texas) ; et son frère, Robert, est tué moins de cinq ans plus tard.




[1] Horton, James Oliver, 2001, Hard road to freedom: the story of African America, New Brunswick, N.J., Rutgers University Press, p. 286

[2] Idem, p292



 
     
     
   
 
     
     
     

Site réalisé dans le cadre d'un mémoire de fin d'études en journalisme - copyright 2006