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Dwight David Eisenhower (1953-1960)

 
 

A son arrivée à la Maison-Blanche, Eisenhower, ne semble pas vraiment enclin à agir en faveur des Afro-américains. Cependant, il a promis à Earl Warren , alors Gouverneur de Californie, le premier poste vacant de la Cour Suprême des Etats-Unis. Ce qu'il regrette par la suite, puisque contrairement à Eisenhower, Warren est bien décidé à agir en faveur des droits civiques des Noirs américains. C'est d'ailleurs Warren qui statue en faveur de la déségrégation dans les écoles lors du célèbre arrêt « Brown contre le Bureau d'éducation de Topeka », en 1954 et ce malgré l'opposition du Président Eisenhower, qui ne fait absolument rien pour pousser le Sud à coopérer. Il estime en effet que le gouvernement fédéral n'a pas à intervenir au niveau local, ni à toucher à un sujet aussi controversé que la déségrégation. L'ancien Président Truman déclare par la suite qu' « Eisenhower, le Général, n'a pas réussi à faire preuve de leadership en tant que Président » [1]. Le Président Eisenhower, fit effectivement toujours en sorte de se détacher des problèmes raciaux, ce qui n'encouragea pas les ségrégationnistes du Sud à changer leur position.

Néanmoins, en 1957, lorsque éclate la lutte des Noirs pour intégrer l'école de Little Rock, en Arkansas, le Président est obligé d'intervenir. Le Gouverneur démocrate Orval Faubus, persuadé que le fait de s'opposer à l'arrêt Brown pourrait lui apporter des voix, veut empêcher neuf jeunes Afro-américains d'entrer à la Central High School. Alors que la garde nationale est censée les protéger contre les attaques, le Gouverneur Faubus demande à cette dernière de se retirer, laissant les jeunes étudiants à la merci des opposants. Eisenhower se voit alors obligé de fédéraliser la garde nationale d'Arkansas et l'envoie finalement protéger les étudiants. La même année est voté le Civil Rights Act (dans une version plus faible que celle proposée deux ans auparavant). En 1956, Lyndon B. Johnson, alors sénateur, décide en effet de s'opposer à cette loi, qui est alors enterrée. C'est donc sous la pression de la communauté noire, que le Civil Rights Act est finalement voté un an plus tard. Un moment qui aurait pu être historique mais qui laisse un goût amer aux Afro-américains. Eux qui se sont toujours battus pour mettre un terme à la ségrégation raciale voient en cette version allégée une imposture et jugent cette loi inadaptée.



[1] Riches , William Terence Martin, 2003, The civil rights movement: struggle and resistance , 2nd ed., New York , Palgrave Macmillan, p. 32

 
     
     
     
     
     
     
     

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