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Bill Clinton (1993-2001)

 
 

Bill Clinton, ancien Gouverneur de l'Arkansas, un Etat sudiste, et ancien opposant à la guerre du Vietnam remporte les élections à un moment où la population américaine a besoin d'être rassurée. Bush n'a pas assez tenu compte des difficultés de son propre pays et, contrairement à lui, Bill Clinton paraît prêt à comprendre les problèmes personnels des citoyens. Pourtant, Bill Clinton se situe plus au centre de l'échiquier politique. Pendant l'élection présidentielle de 1992, il affirme qu'il va « mettre fin à l'aide sociale telle que nous la connaissons » [1]. Mais contrairement à Bush Sr, Bill Clinton ne peut ignorer les revendications des pauvres et des minorités. Cependant, même s'il marque son soutien pour la question des droits civiques des Noirs et l'aide aux minorités dès le début de sa campagne électorale, il ne peut ignorer le vote blanc du Sud. Il décide donc de se montrer intransigeant vis-à-vis du crime. Bill Clinton et son Vice-président, Al Gore sont de ceux qui, comme les Conservateurs, estiment que le citoyen est responsable de sa situation. Ce n'est donc pas la société qui est responsable des maux tels que la violence, le crime ou la pauvreté, mais bien le citoyen.

Cependant, Clinton est aussi un grand admirateur de John F. Kennedy. Bill Clinton a toujours supporté l'intégration des écoles (comme Little Rock) par des étudiants noirs. Alors qu'il est encore Gouverneur, il invite les neufs anciens étudiants de cette école. Il leur rend également hommage en 1997, pour le quarantième anniversaire de cette intégration. Ce dernier ne cache donc pas sa sympathie pour les Afro-américains, ce qui lui vaut d'ailleurs certaines critiques provenant de son Sud natal. Lors de l'élection présidentielle de 1992, les Noirs votent de manière massive pour le candidat démocrate. Et c'est grâce au nouveau Président que le Sénat américain accueille la première femme noire de son histoire, Carol Moseley-Braun, en 1992. Bill Clinton nomme ensuite un nombre important d'Afro-américains dans son administration. En 1993, il nomme Jocelyn Elders, la première femme noire Ministre de la santé. Mais il la renvoie peu après pour ses propos controversés, notamment sur la sexualité des adolescents. Pour ne pas perdre le soutien de la communauté noire, il tente de remplacer Elders par Henry Foster, un gynécologue noir pro-avortement. Mais malheureusement, cette nomination est bloquée par les Conservateurs.

En ce qui concerne les nominations de la Cour Suprême, Clinton a l'occasion de nommer deux juges : Ruth Bader Ginsburg, première juive de cette Cour et le Blanc et modéré, Stephen Beyer. Comme le Président n'a pas la chance de nommer d'autres personnes par la suite (l'un des juges conservateurs, Rehnquist, refusant de quitter son poste), la Cour Suprême reste malheureusement majoritairement conservatrice. Les associations de défense des droits civiques préfèrent donc éviter de porter leurs affaires devant cette Cour. Jusque-là, la Cour Suprême, que l'on remonte aux années 1950 ou 1960, avait toujours aidé la cause des droits civiques des Noirs. Or à ce moment-là, celle-ci semble agir contre ces derniers, en proposant des jugements à l'encontre de la déségrégation des écoles ou encore du droit de vote. Pour contrebalancer la Cour Suprême, Clinton décide de mettre en place un nombre extrêmement important de Noirs - au niveau fédéral - à différents postes influents de la Justice américaine. Mais en même temps, il refuse de lutter contre les préjugés raciaux, notamment en ce qui concerne la peine de mort.

Cependant, encore aujourd'hui, Clinton reste l'un des Présidents les plus populaire auprès des Afro-américains. En août 1998, 93 % des Noirs américains approuvent la politique du Président [2]. Or, même s'il est vrai qu'il mit en place un système d'aide aux pauvres comparable à la « Great Society  » de Lyndon Johnson, il fut loin de tenir les promesses faites aux Afro-américains. Mais curieusement, ceux-ci lui trouvent toutes sortes d'excuses, tel que le fait que le Congrès était alors contrôlé par les Républicains. Bill Clinton a néanmoins eut le mérite et le courage d'offrir la Presidential Medal of Freedom à Rosa Parks. Un acte alors fondamentalement symbolique pour la communauté noire.


 
[1] Riches, William Terence Martin, 2003, The civil rights movement: struggle and resistance, 2nd ed., New York, Palgrave Macmillan, p.171

[2] Idem, p.199


 
     
     
 
     
 
     
 

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