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George Bush Sr (1989-1993)

 
 

La politique de George Bush Sr dérive de ce courant conservateur, entré à la Maison-Blanche avec des Présidents tels que Nixon et Ford. Mais George Bush va réllement devenir la figure de proue de ce Mouvement. Ancien membre du Congrès et chef de la CIA, il poursuit la stratégie sudiste entamée par Reagan. Tout comme son prédécesseur, il va jouer sur la question raciale pour se faire élire Président. Quelques mois avant les élections présidentielles, les sondages le déclarent en effet perdant face au démocrate, Micheal Dukakis. La campagne de Bush Sr tente alors par tous les moyens de démontrer que les Démocrates sont beaucoup trop laxistes par rapport à la problématique du crime et de la violence aux Etats-Unis. Les publicités créées par l'équipe de Bush pendant la campagne jouent sur la peur de la population blanche, en associant les jeunes noirs avec le crime et la violence. En 1990, 56% des Blancs sont d'ailleurs persuadés que les Noirs sont plus enclins à la violence [1].

Pourtant, les brutalités policières contre les minorités sont alors légions, comme en témoignera plus tard le scandale du passage à tabac de Rodney King. Les télévisions nationales décident donc de dénoncer les spots TV du clan Bush, mais en les rediffusant, elles permettent par la même occasion à ceux-ci d'entrer dans la tête des citoyens. En novembre, Bush remporte l'élection présidentielle avec 53,4 % des voix contre 45,6 % des voix pour Dukakis [2]. De plus, Bush remporte 11 des anciens Etats confédérés. Les défenseurs des droits civiques qui s'étaient liés au Parti républicain lors des élections précédentes, se rallient bien vite au Parti démocrate ou au candidat noir Jesse Jackson. En 1992 éclatent de nombreuses émeutes, fruit de la pauvreté économique et sociale de toute une partie de la population américaine. Les Noirs se sentent complètement ignorés par la justice américaine. Le fait que les policiers coupables d'avoir tabassé Rodney King puissent ressortir libres du tribunal met le feu aux poudres.

En 1991, Bush Sr oppose son veto au  Civil Right and Woman's Equity Act , une loi extrêmement importante pour les défenseurs des droits civiques. Le Président refuse égalamne de mettre en place un système de quotas, ce qui le pousse, la même année, à s'opposer à une autre loi du même type. Bush n'est clairement pas décidé à faire quoique ce soit pour aider les minorités de son pays et semble ne pas du tout s'intéresser à la question des droits civiques. Il diminue les fonds réservés aux agences fédérales pour les droits civiques. C'est d'ailleurs grâce à Bush que la Commission des droits civiques, mise en place par Truman, finit par disparaître définitivement. Et lors du départ du juge Thurgood Marshall de la Cour Suprême des Etats-Unis, il décide de nommer un juge noir conservateur du nom de Clarence Thomas. Ce juge est en effet prêt à aller jusqu'au bout pour ancrer son conservatisme dans la politique américaine. Tout comme le Président, il est totalement opposé aux quotas, alors même qu'il en a amplement profité pour l'avancement de sa carrière. Il soutient le juge Antonin Scalia - nommé par Reagan - dans son désir d'appliquer la peine de mort aux jeunes de plus de 15 ans. Il s'oppose même à Bush, lorsque celui-ci souhaite faire passer une version plus légère du Voting Rights Act.

Une des raisons pour lesquelles Bush ne pose aucun acte positif pour la communauté noire durant sa Présidence, c'est que ces derniers ne font pas partie de son électorat. Les Afro-américains votent alors exclusivement démocrate. Surtout depuis que le Parti républicain, contrairement à sa longue histoire (émancipation des esclaves,…), est devenu un parti tout d'abord réservé aux Blancs et particulièrement aux Sudistes. Alors qu'un Kennedy, à son époque, aurait pu espérer remporter certains anciens Etats confédérés, la donne a complètement changé. Le Président Bush préfère donc jouer la carte des électeurs de son propre Parti, dans ce cas-ci les électeurs blancs du Sud.




[16] Riches, William Terence Martin, 2003, The civil rights movement: struggle and resistance, 2nd ed., New York, Palgrave Macmillan, p.155

[17] Idem, p.171


 
     
     
 
     
 
     
     

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