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Rosa Parks

 
  Le boycott de la Montgomery City Lines  
  A.V.L.  
 

Rosa Parks a surtout été rendue célèbre en posant un acte de désobéissance civique fondateur dans l'histoire des Noirs. En 1955, refusant de céder sa place à un blanc dans un autobus de la Montgomery City Lines, elle va déclencher un mouvement de boycott légendaire. De cette action naîtra par la suite le mouvement de protestation par la non-violence, à la tête duquel on trouvera des personnalités aussi marquantes que le pasteur Martin Luther King.

 
 

Les années 50 et la ségrégation dans les transports publics

En 1955, en pleine époque ségrégationniste et en accord avec une ordonnance municipale, chaque autobus de Montgomery est séparé en deux parties distinctes : l'une réservée aux Blancs à l'avant du bus, et l'autre pour les Noirs, à l'arrière. Les Noirs, qui constituent pourtant la majorité des passagers, sont obligés de s'entasser dans les quelques sièges réservés à l'arrière des bus. Il leur est bien évidemment strictement interdit de s'asseoir à côté d'un Blanc, même lorsque la partie avant du bus possède de nombreux sièges vides. Les chauffeurs blancs se moquent d'ailleurs souvent des ces passagers noirs : Ces derniers sont en effet obligés de se rendre à la porte arrière, pour grimper dans le bus. Après que ces passagers aient acheté leur billet à l'avant, les chauffeurs prennent plaisir à démarrer leur véhicule, avant que les Noirs ne soient arrivés au niveau de la porte arrière [1]. Petit jeu dangereux qui cause de nombreux accidents. A l'époque, la N.A .A.C.P. ne sait malheureusement pas comment réagir. Une minorité de militants (dont E.D. Nixon, ancien président de la N.A .A.C.P.) estime alors que le boycott des bus de Montgomery constituerait la meilleure solution. L'idéal serait de trouver une personne prête à faire preuve de désobéissance civile, pour pouvoir ensuite porter officiellement plainte devant un tribunal. Rosa Lee Parks se présente alors comme étant la candidate idéale.

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Le boycott de la Montgomery City Lines

Rosa Parks, couturière noire et militante de la N.A .A.C.P. depuis 1943, pose alors un acte mineur, mais qui fit considérablement bouger les choses. En rentrant du travail et ayant déjà été victime de plaisanteries de la part de conducteurs, elle décide de s'installer dans la partie du bus de la Montgomery City Lines (Alabama) réservée aux Blancs. « Je me disais que la seule façon de leur faire comprendre que je me sentais maltraitée était d'agir comme je l'ai fait - de résister à l'ordre. » [2] Comme prévu, cette dernière est arrêtée sur le champ. Nixon, qui a payé la caution pour faire sortir Rosa Parks de prison, est persuadé qu'il peut utiliser cet exemple pour passer devant la Cour Suprême. Mais avant cela, il faut surtout convaincre la communauté noire de boycotter tous les bus de la compagnie de transports. E.D. Nixon contacte alors Martin Luther King pour que ce dernier se joigne à leur action.

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L'implication de Martin Luther King

Grâce aux différents bénévoles impliqués et à la publicité faite par les médias, l'action démarrée le 5 décembre 1955 va connaître un succès sans précédent. Les Noirs se déplacent grâce au covoiturage et les taxis conduits par les Noirs se mettent d'accord pour que le prix d'un trajet ne dépasse pas celui d'un ticket de bus. Martin Luther King écrit alors : « J'ai sauté dans ma voiture et pendant près d'une heure j'ai fait le tour des rues principales en scrutant chaque autobus qui passait. A l'heure de pointe de la circulation matinale, je n'ai pas vu plus de huit passagers noirs qui voyageaient en autobus. Au lieu des 60% de participation que nous avions espérés, il semblait que nous avions atteint quasiment les 100%. Un miracle s'était produit. La communauté noire, jusque-là endormie et passive, était désormais bel et bien réveillée » [3]. Le mouvement prend rapidement de l'ampleur. King est désigné président de l'association Montgomery Improvement Association (MIA) créée à l'occasion de ce boycott. Martin Luther King est alors victime de nombreux coups de fil anonymes, de menaces et d'insultes (une bombe explose d'ailleurs à son domicile en janvier 1956). Le pasteur noir est également arrêté par la police. Le boycott continue néanmoins.

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La victoire après 381 jours de boycott

Après trois cent quatre-vingt-un jours [4], la compagnie d'autobus Montgomery City Lines décide finalement d'arrêter la ségrégation dans ses transports, en supprimant la cloison de séparation dans ses bus. En 1956, la Cour Suprême déclare la ségrégation dans les bus de Montgomery comme inconstitutionnelle. Débute alors ce qu'on appelle la « révolution noire ». A partir de cette période, les Noirs font en effet parler d'eux à l'aide de différentes actions non-violentes de désobéissance aux lois qu'ils jugent injustes. Martin Luther King prend la tête de ce mouvement ayant pour but de lutter de manière pacifique contre la ségrégation, toujours bien implantée dans le Sud des Etats-Unis. Les boycotts se multiplient à travers tous les Etats-Unis et les étudiants noirs prennent rapidement part au premier grand mouvement de désobéissance civique de l'histoire des Afro-américains.


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[1] Combesqu , Marie Agnès, 2004, Martin Luther King Jr. : un homme et son rêve , Paris, Le Félin, Kiron, p. p.135

[2] GARROW, David J., Bearing the Cross , Vintage Books, New York , 1988, p. 12 in Combesque, Marie Agnès, 2004, Martin Luther King Jr. : un homme et son rêve, Paris , Le Félin, Kiron, p. 136

[3] Martin Luther King Jr., Stride Toward Freedom , p. 53- 54 in Combesque , Marie Agnès, 2004, Martin Luther King Jr. : un homme et son rêve, Paris, Le Félin, Kiron, p. 139

[4] Le Monde, 1968 06.05 « La fin d'un rêve ? », par Jacques Amalric

 
     
     
"Décès de Rosa Parks, pionnière des droits civiques"
Libération
25 octobre 2005
 
     
 
     
 
   
   
   
   
   
   

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