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Les Black Panthers

 
  L'autodéfense comme moyen d'action  
  A.V.L.  
 

« Le parti ne croyait pas au mérite de la 'non-résistance'. Il ne préconisait pas la 'non-violence', mais pratiquait le droit humain d'autodéfense. Son orientation était clairement socialiste et visait la création, après plébiscite, d'un Etat-nation noir, indépendant et révolutionnaire. » Mumia Abu-Jamal [1]

 
 

Création des Black Panthers

En 1966, naît, à Oakland, le parti des Black Panthers . Un an après l'assassinat de Malcolm X, Huey P. Newton, septième fils d'une famille originaire de Louisiane, se joint à des amis de longue date, dont Bobby Seale et David Hilliard et décide de lancer ce qui s'appelle au départ : le parti des Blacks Panthers pour l'autodéfense . Le symbole de la panthère noire provient en fait de l'image extrêmement puissante véhiculée par cet animal. L'idée principale du parti est tout d'abord de se démarquer de l'image pacifique et de non-violence des différents mouvements de droits civiques. Les Black Panthers estiment en effet, que le seul moyen de protéger les leurs est de s'armer et de se défendre, notamment contre la brutalité policière. Ils opposent ainsi la contre-violence à la violence.

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La philosophie de l'autodéfense

La constitution américaine donne à ses citoyens le droit de posséder une arme et les Black Panthers sont bien décidés à user de ce droit en toute légalité. Pour ces derniers, cette méthode représente la seule solution efficace, dans une société où les différences entre les Blancs et les Noirs se font encore cruellement sentir. Armés de mitraillettes, habillés de bérets et de vestes noires, les membres des Black Panthers patrouillent dans les ghettos, pour protéger les leurs de la police. Bobby Seale et Huey Newton réussissent à mettre en place une réelle « surveillance du comportement de la police » [2]. Le mouvement bénéficie rapidement de la sympathie de la jeunesse noire. La population noire des quartiers pauvres se sent en effet plus en sécurité face à la suprématie blanche. Le groupe s'agrandit d'ailleurs extrêmement vite au cours des années 60 et est rejoint par d'autres membres, aujourd'hui célèbres, tels que Eldridge Cleaver ou Mumia Abu-Jamal.

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Un programme en dix point pour changer l'Amérique

Les Black Panthers créent un programme en dix points, dans lequel ils formulent leurs revendications principales. Ils espèrent ainsi, faire enfin changer l'Amérique et leur propre futur par la même occasion. Le groupe ne se résume pourtant pas au seul principe d'autodéfense. Dans le but de poursuivre leurs objectifs, les Black Panther s développent un « programme au service de la communauté » [3], avec notamment la distribution de vêtements aux pauvres ou de petits-déjeuners gratuits aux enfants noirs. Des milliers d'entres eux bénéficient chaque jour de ce programme, dans les différentes villes où les Black Panthers ont un bureau. Ils espèrent ainsi donner une alternative aux déshérités. Toute cette partie, largement plus sociale, fut pourtant longtemps ignorée par les médias. A l'époque, ces derniers préfèrent montrer des images plus violentes de Noirs armés de mitraillettes et prêts à tout pour faire régner leurs lois. Le FBI accusa d'ailleurs le Parti d'utiliser le programme des petits-déjeuners comme outil de propagande.

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La disparition définitive du Parti ?

Au cours de son existence, le groupement politique va donc subir un véritable harcèlement policier. Surveillés par le FBI et devenus les pires ennemis aux yeux de l'Etat américain, la plupart des membres ( John Huggins, Alprentice Carter, Fred Hampton, Mark Clark, Tommy Lewis, Bobby Hutton...) seront abattus tour à tour. Selon Katherine Cleaver [4] - ancienne responsable de communication du parti - la répression est alors impitoyable. John Edgar Hoover se met en tête d'éliminer définitivement le Parti, avec l'aide des polices locales. Selon ses propres mots, le parti des Black Panthers représente « la plus grande menace pour la sécurité interne, des Etats-Unis ». [5] Cette répression policière, accompagnée de conflits internes met définitivement fin au parti à la fin des années 70. Mais même si une partie de la communauté noire et des membres de mouvements pacifiques comme Martin Luther King redoutent l'idéologie du parti, jugée trop violente à l'époque, leurs philosophies n'étaient pas si éloignées. Selon W.T.M. Riches, les Black Panthers , tout comme King, étaient d'accord pour penser que « le socialisme était l'une des alternatives au capitalisme américain. Ils s'accordaient également sur la nature institutionnelle du racisme aux Etats-Unis » [6]. Il reste qu'aujourd'hui différents petits groupes continuent à perpétuer la philosophie des Black Panthers et leur légende reste tenace pour bon nombre d'Américains.

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[1] Le Monde Diplomatique, Oct. 2004, Retour sur la lutte des panthères noires, portrait de Mumia Abu-Jamal, par Schofield Coryell

[2] Idem

[3] Idem

[4] Idem

[5] www.blackpanther.org

[6] Riches, William Terence Martin, 2003, The civil rights movement: struggle and resistance, 2nd ed., New York, Palgrave Macmillan, p. 91

 
     
     
 
   
   
   
   
   
   

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