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Mumia Abu-Jamal

 
  A.V.L.  
 

Ce journaliste noir américain croupit depuis 1982 dans les couloirs de la mort pour un crime qu'il a toujours nié avoir commis. Ses supporters n'ont cessé de dénoncer cette condamnation qui serait surtout un moyen de faire taire cet opposant politique. C'est grâce au soutien de la communauté internationale que Mumia est toujours vivant aujourd'hui. Il est d'ailleurs prêt à continuer à lutter pour sa vie et à écrire au nom de tous les déshérités du fameux rêve américain, qui croupissent actuellement dans les couloirs de la mort.

 
 

A 15 ans, Mumia entre dans les Black Panthers

Né Wesley Cook, le 24 avril 1954, Mumia Abu-Jamal entre à 15 ans dans le mouvement des Black Panthers et démarre assez rapidement sa carrière de journaliste dans la section de Philadelphia. Après la disparition du parti, il se lance dans la radio. A 25 ans, Mumia est déjà considéré comme l'un des animateurs locaux les plus prometteurs. Il devient ensuite président de l'association des journalistes noirs de Philadelphia. Mais cela ne l'empêche pas de dire ouvertement ce qu'il pense, ce qui lui vaut le qualificatif de grande gueule ou encore de personnalité radicale. Il dénonce tour à tour la brutalité policière ou la corruption politique. Tout comme d'autres militants noirs américains, il est victime du système de surveillance et d'infiltration COINTELPRO. Il est également fiché par le FBI. Renvoyé d'une station de radio où il travaille, pour son soutien à la communauté MOVE (qui lutte contre le racisme), il est obligé de prendre un boulot de conducteur de taxi de nuit.


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Mumia Abu-Jamal, un condamné à mort

La trajectoire politique de Mumia prend fin le 9 décembre 1981. Mumia est en effet arrêté pour le meurtre de Daniel Faulkner, un officier de police blanc. Cette nuit-là, Mumia est impliqué dans une fusillade et reçoit une balle, tout comme l'officier Faulkner, qui décède peu après. Même si Mumia a toujours expliqué, et ce avec l'appui de plusieurs témoins, qu'un autre tireur en fuite était responsable de ce meurtre, il représente le coupable idéal pour la justice américaine. Dès le départ, l'implication passée de Mumia Abu-Jamal dans les Blacks Panthers est présentée comme une preuve de la violence de l'accusé. Lors de son procès, on refuse à Mumia le droit de se représenter lui-même devant la cour. L'enquête est totalement bâclée, les preuves sont inexistantes et les rapports de police contradictoires. Son avocat, commis d'office, est rayé du barreau quelques années plus tard, signe de son incompétence. Le juge Albert F. Sabo, qui préside le procès, est connu pour avoir envoyé plus d'hommes dans le couloir de la mort qu'aucun autre juge américain. Le jury est composé d'un seul juré de couleur noire. En juillet 1982, Mumia est condamné à mort, pour un meurtre qu'il nie avoir commis. Quelques années plus tard, en 1999, un homme, du nom d'Arnold Beverly, avoue le meurtre de l'officier blanc, pour une histoire de corruption policière. [1] La justice américaine refuse pourtant de tenir compte de ces aveux. Le journaliste, qui devait être exécuté une première fois en 1995 et une seconde en 1999, a échappé à sa mise à mort grâce à la pression de la communauté internationale. Mais il est toujours incarcéré.


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Un nouvel espoir pour Mumia

Comme tant d'autres Noirs, Mumia est la victime parfaite d'un système judiciaire qui exclut aux plus pauvres le moyen de se défendre. Mais ce qui est encore plus choquant, c'est que Mumia croupisse dans les couloirs de la mort à cause de son engagement politique. Mumia a été la victime de ce qu'il a toujours ardemment dénoncé : la brutalité et la corruption policière. Ces derniers n'ont en effet pas eu beaucoup de mal à faire endosser le meurtre de leur collègue par ce jeune militant noir américain. Malgré son incarcération, Mumia continue à parler depuis sa cellule pour tous les déshérités du rêve américain. En 2004, il publie son autobiographie « We want Freedom, A life in the Black Panther Party » , à laquelle il pourra peut-être bientôt ajouter un nouveau chapitre. Début décembre 2005, la Cour d'appel des Etats-Unis du 3e circuit vient en effet de donner une suite favorable aux appels de la défense du journaliste. Elle reconnaît ainsi le fait que le procès de Mumia Abu-Jamal n'a pas été tenu de manière équitable et que ses droits constitutionnels ont été bafoués. Il reste donc probablement un dernier espoir pour Mumia, qui malheureusement arrive à la fin des appels possibles.

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[1] http://www.mumiabujamal.net/revel_beverly.html

 
     
     
Le Monde Diplomatique
Octobre 2004
 
   
   
     
     

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