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W. E. B. Du Bois

 
  La création de la N.A.A.C.P.  
  A.V.L.  
 

Considéré comme l'un des premiers intellectuels noirs de son époque, W. E. B. Du Bois sera à la base du mouvement pour les droits civiques des Noirs américains. Diplômé de Harvard, il fait partie des fondateurs de la National Association for the Advancement of Colored People, association légendaire qui continue à lutter pour les droits des Afro-américains. Militant aux facettes politiques diverses, W. E. B. Du Bois préfèrera cependant finir sa vie au Ghana, refusant sans doute de vivre dans une société où la discrimination était ancrée dans la politique américaine.

 
 

Du Bois fonde le mouvement des droits civiques

William Edward Burghardt Du Bois naît libre dans l'Etat du Massachusetts en 1868. En 1895, il obtient un doctorat en histoire à Harvard. Une première dans toute l'histoire des Etats-Unis. Intellectuel complet, il officie ensuite comme professeur d'histoire, d'économie et de sociologie. Il devient alors l'un des grands fondateurs du mouvement pour les droits civiques des Noirs américains. Il publie The Suppression of the African Slave en 1896 et The Philadelphia Negro en 1899. Il décide rapidement de s'opposer à la philosophie de conciliation de son prédécesseur, Booker T. Washington. Ce dernier estime en effet qu'un compromis racial est nécessaire pour le bien-être des Noirs américains. Mais W. E. B. Du Bois n'est pas du tout de cet avis, car selon lui, « le seul moyen pour les Noirs de lutter contre la société et le système américain, est de se défendre et de lutter activement pour faire valoir leurs droits» [1]. Il développe ainsi l'idée de « double conscience » [2], expliquant que même si les Noirs d'Amérique ont des racines africaines, cela n'empêche pas qu'ils puissent également être des citoyens américains, disposant des mêmes droits que tout autre citoyen. Il décrit d'ailleurs le Noir américain de la façon suivante : « un Américain, un Noir ; deux esprits, deux pensées, deux forces irréconciliables, deux idéaux indomptables dans un corps noir et dont seule la force opiniâtre empêche le déchirement ». [3] En 1900, il prend également part à la première conférence panafricaine jamais organisée aux Etats-Unis.

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Naissance de la N.A.A.C.P.
(National Association for the Advancement of Colored People)

Son idéologie va le pousser à fonder, en juillet 1905, le Niagara Movement , avec l'aide d'intellectuels, d'avocats et d'enseignants. En 1909, ce qui reste du groupe, qui s'est peu à peu désintégré, fusionne avec des socialistes et libéraux blancs, pour devenir la National Association for the Advancement of Colored People (N.A.A.C.P.). W. E. B. Du Bois est nommé responsable et rédacteur de The Crisis, la revue de l'association. Dès sa création, cette dernière va lutter activement pour les droits de la communauté noire. A la tête de The Crisis , W.E.B. Du Bois en profite pour militer contre les violences raciales, et particulièrement le lynchage. La N.A .A.C.P. essaye de faire passer une loi fédérale interdisant le lynchage, mais malheureusement, après avoir été votée par la Chambre , le Sénat décide de bloquer la loi, sous la pression des sudistes. W. E. B. Du Bois marque également de son empreinte le mouvement libéral américain, en écrivant de nombreux éditoriaux sur les droits civiques ou sur l'égalité des sexes. Il démissionne pourtant de la N.A .A.C.P. en 1934. En cause, un désaccord avec Walter White, secrétaire national de la N.A .A.C.P., concernant la nouvelle politique de l'association.

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Du Bois s'oppose à la philosophie de non-violence

Dans les années 50-60, il a bien du mal à comprendre la philosophie de non-violence d'un certain Martin Luther King ; sans doute pour les mêmes raisons qui l'avaient poussé à rejeter les idées de Booker T. Washington au début du siècle. W.E.B Du bois pense que la non-violence ne pourra pas mettre un terme aux problèmes des Noirs et que cette philosophie ne prend aucunement en compte les réels intérêts politiques des Afro-américains. En 1950, il accepte, un peu à contrecoeur, de se présenter aux élections sénatoriales de New York, pour le Labor Party américain. Fort critiqué, il obtient tout de même 200.000 voix. Il est alors victime de harcèlement de la part du gouvernement fédéral, qui va jusqu'à l'accuser d'être « un agent occulte d'une puissance étrangère. » [4] Il réussit à se faire acquitter, mais sans recevoir le soutien de la NAACP. En outre, le gouvernement réussit à saisir le passeport de Du Bois et nombre de ses livres sont ensuite enlevés des bibliothèques ou brûlés.

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L'éternel militant préfère finir sa vie au Ghana

Changeant souvent de cap politique (socialiste, marxiste...) et sans doute fatigué de la politique américaine, Du Bois prend la décision de finir sa vie comme militant au Ghana, où il déménage en 1961, à l'âge de 93 ans. Quatre jours plus tôt, il avait pourtant rejoint le Parti communiste américain. Mais son départ vers l'Afrique ne l'empêche pas de rester très actif. Sur place, il devient en effet conseiller officieux du président ghanéen Kwame Nkrumah. A sa mort, en 1963, à l'âge de 95 ans, l'ambassade américaine préfère tourner le dos à cette personnalité légendaire et refuse d'envoyer un représentant à ses funérailles. W. E. B. Du Bois n'a malheureusement pas non plus la chance d'assister à la marche historique de 1963 sur Washington. Il meurt quelques heures avant que les manifestants ne se mettent en route.

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[1] Combesque, Marie Agnès, 2004, Martin Luther King Jr. : un homme et son rêve, Paris, Le Félin, Kiron, p. 72

[2] 2004, Freedom, Une histoire photographique de la lutte des Noirs américains, Paris, Phaidon, p. 60

[3] Combesque, Marie Agnès, 2004, Martin Luther King Jr. : un homme et son rêve, Paris, Le Félin, Kiron, p. 73

[4] 2004, Freedom, Une histoire photographique de la lutte des Noirs américains, Paris, Phaidon, p.245

 
     
     
   
 
   
 
     

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